Soul Coach

« JE SUIS COACH ET CONFÉRENCIER PARCE QUE LE BESOIN EST LÀ. »

Young athletic man stretching his legs before a morning run, full length of a young jogger stretching in the morning on seaside

Pour Érik Giasson, coach, conférencier et co-fondateur du studio de yoga Wanderlust à Montréal, toute définition de qui nous sommes n’est en fait qu’une diminution de qui nous sommes vraiment. Dans certains cas, ce cadre peut devenir une vraie prison qui nous empêche de voir et vivre la vie pleinement telle qu’elle est. « Nous sommes tout simplement trop vastes, complexes et magnifiques pour être réduits à une simple histoire », dit-il. Inspirant.

SE LIBÉRER DE SON IMAGE
Durant les années 2000 à 2002, j’ai vécu un trio de malchances. En 2000, je revenais de New York et de Toronto, où j’avais travaillé six ans chez Morgan Stanley, pour m’installer à Montréal et travailler pour un gestionnaire de portefeuille. Juste avant la crise de la bulle Internet, nous avions privatisé la firme – j’y avais alors investi toutes mes économies et j’avais emprunté trois fois plus pour y devenir un actionnaire important. Quelques mois après la privatisation de la compagnie, la crise éclata. Nous avons alors perdu plusieurs clients et actifs, et la valeur de notre entreprise a chuté de 85 %. J’avais donc perdu toutes mes économies et me retrouvais avec des dettes substantielles : j’étais techniquement en faillite. En 2001, j’ai eu un cancer et en 2002, ma femme, la mère de mes quatre filles, m’a quitté pour un ami.

J’étais donc bien malgré moi libéré de mon image du gars qui réussit dans la vie et qui est en santé. Libéré de cette image, de cette prison, j’ai repris contact avec qui je suis vraiment. J’ai alors commencé à m’intéresser au bouddhisme, à la méditation et à la vérité. J’ai surtout compris qu’il y avait un autre niveau de réalité, que j’existais au-delà de mes différentes images sociales.
Comme je n’étais plus préoccupé par mon image, je n’étais plus occupé à défendre toutes ces représentations de moi-même. J’avais à présent toute cette énergie qui me permettait de libérer mes passions et m’a fait comprendre de manière intuitive la façon dont je devais maintenant agir comme humain libre de certains rôles.

Je me suis refait une santé et une vie amoureuse, j’ai rebâti ma situation financière et j’ai relevé de nouveaux défis professionnels qui m’auraient semblé impossibles. En 2002, au moment où la firme était en difficulté, j’ai été nommé chef des placements pour une boîte qui gérait surtout des actions alors que mon expérience résidait uniquement dans les obligations et le revenu fixe. Toutefois, comme j’étais libre de rôles, de définitions et de diminutions, sans comprendre pourquoi, je savais qu’il y avait un besoin et que j’avais quelque chose à offrir. De manière intuitive, j’ai donc accepté de relever le défi. Les dénigreurs ont été nombreux à ne pas croire en moi. J’ai accepté la situation, laissé aller mes rôles, mes peurs et fait fi du regard des autres. J’ai fait confiance et me suis lancé dans l’action. Après seulement quelques années, la boîte de gestion était sur le chemin du succès : nous avions réinventé la firme et j’avais contribué à une grande réussite. Je me suis accompli dans ce succès, mais si j’avais laissé gagner le fait que je n’avais pas, en théorie, les compétences pour relever le défi; si j’avais été dans ma tête et non présent dans ma vie, j’aurais manqué une chance unique de me réaliser, de m’accomplir et de jouer un rôle important dans l’existence de cette firme.

ÉLARGIR SA CONSCIENCE
Environ 10 ans plus tard, soit en 2012, j’ai une vie complètement différente. La finance m’a quitté en 2008 et depuis, j’ai une vie spirituelle grâce à la pratique quotidienne du yoga et de la méditation. En d’autres mots, depuis 2008, je me libère au quotidien des rôles et des diminutions.
J’ai beaucoup voyagé partout dans le monde entre 2010 et 2012 dans le cadre d’une quête spirituelle ainsi que pour approfondir ma formation de professeur de yoga. J’ai réalisé, entre autres, qu’il y avait un besoin criant d’un nouveau style de yoga à Montréal. C’est alors que Geneviève et moi avons décidé d’ouvrir notre studio en collaboration avec Wanderlust pour y offrir un style de yoga qui vient de New York, inspiré de Kula Yoga Project.

À cette époque, je pratiquais le yoga depuis seulement quatre ans et ne l’enseignait que depuis deux ans et demi, mais je comprenais de façon intuitive, sans avoir toutes les réponses, qu’il y avait un besoin et que j’avais quelque chose à offrir, même si les dénigreurs ont été, encore une fois, nombreux à ne pas croire en nous. Comme je l’ai fait 10 ans auparavant, j’ai accepté la situation, laissé aller mes rôles, mes peurs et fait fi du regard des autres, j’ai fait confiance et me suis lancé dans l’action. Je pense que trois ans plus tard, notre studio est un succès monstre qui a bouleversé le monde du yoga dans la grande région de Montréal.

Aujourd’hui, je donne des conférences, je suis coach, j’écris, tout ça parce qu’il y a un besoin et je sais que je réponds à ce besoin. Je me réalise à travers ces actions sans me définir dans quelque rôle que ce soit. Tout arrive à travers moi, c’est la danse de la vie.

J’ai beaucoup traité précédemment de l’aspect professionnel des rôles auxquels nous nous conformons, mais les définitions réduisent nos possibilités dans toutes les différentes sphères de la vie humaine. On peut se définir comme un conservateur, un libéral, une personne heureuse, une personne malheureuse, un catholique, un juif, un athée, un blanc, un noir, un papa, une maman, un mari, un végétarien, un séparatiste, un fédéraliste, un athlète, un sédentaire, un yogi, un financier, un mécanicien, etc. Toutes ces définitions sont des diminutions, de vraies prisons qui nous empêchent d’être qui nous sommes vraiment en tant que personnes humaines libres. Elles sont comme les oeillères qui nous font avancer sur un droit chemin et nous empêchent de voir toutes les beautés de la vie. Nous avons tous une façon unique de contribuer dans la vie, que ce soit sur le plan politique, économique, environnemental, familial, social, amoureux, ou encore sur le plan de notre santé, entre autres.

La pratique spirituelle peut nous libérer de notre définition pour nous permettre de reprendre contact avec qui nous sommes. Les moments de crise sont aussi des moments opportuns pour se sortir de cette prison. Ces moments de crises m’ont permis de reprendre contact avec mon essence, qui est libre de définitions. Car c’est libre de définitions que nous devons agir pour nous permettre de nous réaliser, d’atteindre le succès dans toutes les sphères de la vie humaine, d’avoir une vie riche et d’élargir sa conscience.

Namasté.

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À Propos De Erik Giasson

À 36 ans, Erik Giasson devient le chef des placements et Vice-président senior d’une importante firme de placement. À 43 ans, il atteint son rêve ultime, soit celui de travailler pour le plus gros « hedge fond » macro de la planète. Il vit dans l’abondance et la richesse, lorsqu’en 2008, à 43 ans, suite a la crise financière il perd son emploi et son rôle, tout s’écroule. A travers ses souffrances, il entreprendra une transition de vie, il découvrira le yoga, ce qui le sauvera assurément d’un suicide. Le yoga lui permettra non seulement de survivre, mais de vivre avec qui il est vraiment, sans rôle. Conférencier professionnel, Financier, Ironman et Triathlète, Entrepreneur, Professeur de yoga, il est le co-fondateur du centre de yoga Wanderlust, à Montréal.